Soutenir le développement
du bébé et de l'enfant


Au milieu des grands bouleversements de la parentalité (les nuits trop courtes, les doutes devant le rayon de couches, les jets de purée de carotte, les "papapa", et bodies trop mignons) (arrêtons nous ici, la liste est infinie)....
On peut se demander comment soutenir le bébé puis l'enfant dans son développement, sans se rajouter de contraintes, de charge mentale ni avoir à préparer des activités à minuit alors qu'on devrait dormir depuis déjà 2h.
Je reprends ici quelques éléments importants pour favoriser le développement de l'enfant, mais aussi une vie familiale aussi apaisée que possible. Je vous fais aussi quelques propositions simples et accessibles, à choisir selon vos envies, vos besoins, et bien sûr vos possibilités, et selon ce que votre enfant veut bien accepter.
Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur le développement du bébé et de l'enfant, je vous laisse vous promener sur internet, de nombreux sites proposent déjà des articles très complets.
Respecter le rythme et le corps de l’enfant
Chaque enfant possède son propre rythme de développement, qu’il est important de respecter. Il est inutile de le mettre assis ou debout tant qu’il n’est pas prêt, cela ne facilitera pas ses capacités. Il vaut mieux respecter la position naturelle de l’enfant et l’inciter tranquillement à développer ses capacités propres, par exemple en le roulant sur le côté pour lui changer la couche, ce qui lui permet d’expérimenter ce mouvement qu’il débloquera seul par la suite.
Le cadre
L’enfant a besoin de règles claires et constantes pour se sécuriser. Aucune pédagogie n’incite au laxisme ou à l’enfant tyran. La règle, c’est la règle. Si vous l’avez posée, ne faites pas machine arrière car vous allez insécuriser votre enfant et mettre à mal l’ambiance familiale. Mettez vous d’accord sur les règles importantes et les négociations possibles.
Les émotions
L’enfant est immature dans la gestion de ses émotions jusqu’à environ 5 ans. Les caprices n’existent pas : ils n’existent que des besoins inassouvis et de la frustration. L’enfant ne hurle pas pour vous faire regretter de ne pas lui avoir acheter son jouet, mais parce qu’il est infiniment triste et déçu de ne pas l’avoir.
Nommer le plus tôt possible les émotions de votre enfant, mais aussi les vôtres, c’est favoriser leur compréhension et leur gestion : « je vois bien que tu es triste de ne pas avoir ce jouet mais je ne l’achèterai pas ». Les signes des émotions (en appui sur la Langue signes française) sont très faciles à apprendre et à utiliser au quotidien.
Bouger
Le bébé et l’enfant bougent beaucoup. Ils apprennent doucement à maîtriser leurs corps, leur sens, et explorent le monde autour d’eux. Toutes les activités physiques sont essentielles à l’enfant pour mieux appréhender son corps et construire son schéma corporel : grimper, courir, sauter, ramper, faire du toboggan, du ballon, du vélo, etc. La plupart des parents le proposent très facilement, dans le couloir de l’appartement, au parc, en forêt.
La manière dont l’adulte se positionne face à l’enfant est tout aussi déterminante. Combien de fois ai-je entendu le parent dire : « attention tu vas tomber ! », et vu l’enfant s’arrêter en plein milieu de son mouvement et repartir, déçu. Petit à petit, il va intégrer la notion de danger et se limiter dans sa motricité et son exploration du monde. Alors mieux vaut rester à proximité, donner la main, et laisser l’enfant faire. Un enfant, ça tombe, ça pleure, on souffle ou on fait un bisou magique, et ça repart.
Pour l’apprentissage de la marche, la marche pieds nus est idéale et les chaussures anatomiques (barefoot), qui s’adaptent parfaitement au pied de bébé, lui apprennent à utiliser toute la surface de sa voûte plantaire et à bien appréhender la marche.
Les activités sensorielles
Elles développent la sensorialité, la motricité fine et la cognition, et sont très faciles à mettre en œuvre.
Les sacs sensoriels : de grands sacs congélation dans lesquels on met toutes sortes de formes et couleurs, à coller sur le sol pour travailler la position ventrale ou sur la chaise haute.
Les bacs sensoriels : des ingrédients secs (pâtes, riz, légumineuses de tailles, formes et couleurs différentes) ou humides (eau, graines de chia), un grand bac et quelques accessoires (ustensiles comme casseroles et cuillers pour le transvasement, des animaux, des engins). Vous pouvez ramasser lors de vos ballades des petits objets de saison à ajouter comme des pommes de pin ou des marrons.
Un outil super pratique : le scotch papier. Pratique pour coller sans rien abîmer les sacs sensoriels, ou à coller en petits bouts sur la chaise haute. Bébé travaillera sa motricité fine en les décollant !
Quand l’activité est terminée, on range tout ça dans une boîte hermétique, et on ressort l’activité plus tard.
Vous trouverez toutes sortes de propositions sur Pinterest, et des mix sensoriels et des ateliers sur "Gommette Club".
Jouer
Le jeu développe la motricité, l’imagination, la symbolisation, la créativité.
Pour que l’enfant puisse jouer, il est important qu’il apprenne à jouer avec ses pairs, des aîné.e.s, les adultes. Il apprend par l’imitation. C’est aussi un temps privilégié enfant.
Pas besoin du dernier jeu estampillé Montessori ou du dernier jeu éducatif à la mode, quelques jeux bien choisis suffisent.
Si votre enfant passe son temps à dire qu’il s’ennuie alors que sa chambre déborde de jeux, vous pouvez faire des roulements de jouets. Sélectionnez quelques jouets de différents domaines (construction, personnages, animaux, créativité), proposez-les pendant un temps donné puis changez. Adaptez le rythme de roulement à votre enfant. S’il va fouiller dans son placard ou vous réclame des jouets, c’est peut-être que le rythme des roulements est trop long pour lui.
Vous pouvez aussi aller jouer au LAEP, (Lieux d’accueil parents-enfants), qui existent partout en France sous différentes appellations. Cela permet de sortir de la maison, de jouer ensemble à d’autres jeux (les jouets ailleurs sont toujours mieux que ceux de la maison, n’est-ce pas), et de rencontrer d’autres parents et adultes.
Pour conclure cet article, il me semble important de rappeler qu'être parent, c'est une aventure incroyablement belle et joyeuse, mais aussi éprouvante. Alors si votre enfant vient de passer une heure devant les écrans, que vous n'êtes pas sortis aujourd'hui, ou que ça fait trois jours que vous mangez des pâtes, on peut se dire que "c'est okay" pour reprendre l'expression consacrée. Faites un gros câlin à votre enfant et prenez soin de vous.






Les histoires
Les chansons, les livres et les histoires à écouter développent le vocabulaire de l’enfant mais aussi son imagination, et constituent une très bonne base pour le jeu libre.
Pensez aux chansons signées, elles s’apprennent très simplement avec bébé, qui les adorent. Lisez sur le canapé ou près de lui (le pouvoir de l’imitation encore une fois), intégrez la lecture dans la routine du soir ou quand l’enfant est fatigué.
Alisson Larcher
22/06/2026


L’autonomie
Faciliter l’autonomie de son enfant favorise son développement et allège votre vie familiale. L’enfant a profondément envie d’apprendre, et d’apprendre à faire seul.
Pour cela, mettez autant que possible les affaires à sa hauteur, autant ses vêtements (pas besoin d’une penderie Montessori, mettez simplement les affaires dans les tiroirs du bas avec une petite étiquette si besoin), que les couverts ou son sac pour la crèche ou l’école.
Le Time Timer est aussi votre meilleur ami pour indiquer simplement le temps qu’il reste avant de partir ou de manger. L’échelle Montessori sécurise au début, mais bien vite votre enfant ira de lui-même chercher une chaise ou un tabouret pour aller chercher son yaourt dans le frigo, laissez-le faire.
La DME, diversification menée par l’enfant, favorise l’autonomie de l’enfant et le développement de la motricité. Toutes sortes d’astuces existent pour ne pas nettoyer l’intégralité de sa cuisine après chaque repas. Le compte Instagram et le livre "Brocolis sardines et spaghettis" de Daronie Food Club constituent des ressources précieuses pour la mise en place de la DME.
Le sommeil
Le sommeil, ce peut être un long parcours du combattant dans les premiers mois, voire dans les premières années.
Quand le sommeil de votre enfant est stable et régulier (les régressions persistent un moment, accrochez vous), privilégiez le autant que possible. Si votre enfant baille aux corneilles à 19h, couchez le ! Peut-être que les voisins vous ont dit coucher les leurs à 21h l'autre jour au parc, ça vous a fait culpabiliser, mais peu importe. Un enfant qui a suffisamment dormi, c'est un enfant en forme, qui apprend mieux (quasiment tout est apprentissage les premières années de vie), gère mieux ses émotions, joue mieux, en bref se développe mieux.
